S3-5: Comparaison expérimentale à long terme du stockage de carbone (C) et du bilan azote (N) de systèmes de culture alternatifs et conventionnel

Comparaison expérimentale à long terme du stockage de carbone (C) et du bilan azote (N) de systèmes de culture alternatifs et conventionnel

Bénédicte Autret1*

1INRA AgroImpact
* benedicte.autret@laon.inra.fr

La présentation s’inscrit dans le cadre de l’évaluation de l’impact de l’agriculture sur les cycles de carbone (C) et d’azote(N) dans le long terme. L’étude porte sur la comparaison de ces impacts pour 4 systèmes de culture du dispositif expérimental de La Cage (INRA): conventionnel (CON), bas intrant (LI), en agriculture de conservation avec couverture végétale permanente et non-labour(CA), et enfin en agriculture biologique (ORG).Le suivi des teneurs en C et de la densité apparente du sol a permis de calculer les stocks de C du sol des parcelles concernées à plusieurs dates entre 1998 et 2014.

Selon les résultats de l’étude, le stockage du C est le plus important en CA, ainsi qu’en ORG dans une moindre mesure, et proche de zéro pour les systèmes CON et LI. L’étude de l’évolution des stocks de C du sol permet de souligner le rôle de la diversité des cultures dans la rotation,et de la couverture végétale permanentedans l’enrichissement du sol en C. D’autre part, l’étude montre que la pratique du non-labour ne participerait pas à l’enrichissement en C du sol.

Le suivi des pratiques de la fertilisation azotée et des exportations d’azote par les cultures a permis de calculer le surplus d’azote de chaque parcelle, ce dernier étant le plus élevé dans le système CA, en comparaison des trois autres types d’agriculture. Ce surplus se décompose en trois phénomènes distincts : d’une part, par un stockage du N organique dans le sol, particulièrement fort en CA et en ORG, mais faible en CON et LI, et d’autre part par une perte par lixiviation, qui reste égale pour les 4 systèmes.Enfin, une partie du surplus se traduit par des pertes gazeuses, très importantes en CA, moindre en CON et LI, mais nulles en ORG. Des mesures d’émissions de gaz par les sols sont actuellement en cours sur le terrain pour affiner l’estimation de ces pertes

Conclusions : Après 16 années de différenciation, il est apparu que le stockage du C dans le sol est important en agriculture de conservation avec couverture végétale (+24%) et biologique (+12%), mais nul en conventionnel et bas intrants. Les pertes d’azote varient, quant à elles, selon les systèmes, et devront être complétées par des mesures d’émission d’azote gazeux, qui sont actuellement en cours sur le terrain.

 

Résumé de la présentation par l'auteure.

Présentation

 

Discussion :

Il a été conseillé d’affiner certaines données par des mesures sur le terrain, comme la lixiviation supposée égale dans toutes les parcelles, ce qui est très surprenant. En réponse, il a été rapporté que le drainage qui a été estimé au niveau des quatre parcelles par le modèle LIXIM donnait bien des données sensiblement similaires. Il a été cependant précisé que ces données sont moyennées sur les 16 dernières années, et ne rendent pas forcément compte de la variabilité annuelle.

Un échange a par la suite eu lieu concernant le « scoop » sur le non-labour, qui ne contribue en rien à l’enrichissement du sol en carbone. Une information effectivement confirmée, ce qui permet, dans un objectif d’enrichissement en carbone des sols, de promouvoir l’apport de matière organique plutôt qu’un non-labour des parcelles.

La question de l’augmentation du rendement du bio par une fertilisation azotée également a été posée, mais il semble aujourd’hui impossible d’augmenter ce rendement sans une fertilisation d’azote minéral supplémentaire, ce qui n’est pas possible en agriculture biologique.

 

colloque 2016