Session introductive

La neuvième phase du PIREN-Seine s’ouvre par un premier colloque placé sous le signe des données. En effet, la donnée scientifique – souvent qualifiée de « donnée » – est en réalité précieuse : elle doit être produite, mise en forme, nettoyée, traitée avant de pouvoir être mobilisée. Dans cette démarche, le PIREN-Seine s’est engagé à rendre plus accessibles l’ensemble de ses données et les sorties de ses modèles.
Si ceux-ci sont open source, leur appropriation nécessite un important travail de curation et de documentation, afin qu’ils puissent être utilisés non seulement par les chercheurs, mais aussi par les gestionnaires.

Pour autant, la réflexion ne porte pas uniquement sur les données produites par la recherche - les données issues d’observations routinières -, mais aussi sur celles issues de l’action publique et des divers acteurs du territoire qui sont tout aussi essentielles dans l'avancée des connaissances. Ces enjeux et ces questionnements ont d'ailleurs nourri la table ronde de la matinée

 

 

La Zone Atelier Seine : un cadre institutionnel fort

Laurence Lestel, directrice de la Zone Atelier Seine, rappelle la force de recherche que représente le PIREN-Seine, dont la Zone Atelier bénéficie pleinement. Cette dernière, infrastructure du CNRS, reconnaît et appuie les travaux menés au sein du programme.
Évaluée tous les quatre ans dans le cadre des procédures nationales, la Zone Atelier Seine a été renouvelée pour la période 2025-2028, à l’issue d’une évaluation scientifique par plusieurs commissions disciplinaires et interdisciplinaires.

Les recherches portent sur le socio-hydrosystème Seine et s’appuient sur la coordination des trois programmes qui composent la Zone Atelier : le PIREN-Seine, OPUR et le GIP Seine Aval. La communication et la valorisation font également partie intégrante de ses missions, comme en témoigne la parution récente d’un fascicule sur les obstacles à la remontée des migrateurs et sur la continuité écologique du bassin. La soirée offrira par ailleurs une performance-conférence « Le fleuve, une force et une vulnérabilité », illustrant une autre manière de diffuser la connaissance auprès du grand public.

 

Le rôle des partenaires : un programme co-construit

Gabrielle Bouleau souligne que le programme ne pourrait exister sans ses treize partenaires, qui coconstruisent les questions de recherche et assurent la continuité du PIREN-Seine.
Au nom de la présidente du comité d’orientation, Marie-Hélène Tusseau-Vilmin, elle rappelle l’originalité du programme et la confiance bâtie au fil des années entre chercheurs et gestionnaires. Cette dynamique suppose des ajustements constants pour que chacun puisse y trouver un bénéfice.
Elle invite les partenaires à solliciter l’équipe dès que des besoins émergent, rappelant que les orientations du programme peuvent s’affiner au fil des quatre années pour répondre au mieux aux attentes des acteurs du bassin.

 

L’Agence de l’Eau Seine-Normandie : un soutien renouvelé

Madame Sandrine Rocard, directrice générale de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, salue la longévité et la reconnaissance du PIREN-Seine, partenaire historique du bassin. Elle rappelle le rôle central joué par les travaux du programme dans l’élaboration du 4 état des lieux du bassin, document clé pour la directive-cadre sur l’eau et la préparation du futur SDAGE. Les contributions du PIREN-Seine — hydrologie, micropolluants, continuité écologique, trajectoires des nutriments — ont enrichi de nombreux chapitres et renforcé la solidité scientifique du diagnostic.

Madame Rocard insiste sur la nécessité de rendre les résultats accessibles et compréhensibles à un large public, mission à laquelle l’Agence contribue en relayant régulièrement les publications du programme. Le thème du colloque, consacré aux données, fait écho aux enjeux auxquels l’Agence est confrontée, produisant chaque année plusieurs millions de données de surveillance. Dans ce contexte, les nouveaux ateliers de datavisualisation prévus pour les gestionnaires répondent à une attente forte du terrain.

Enfin, elle réaffirme le soutien plein et entier de l’Agence de l’Eau aux travaux du PIREN-Seine, essentiels pour éclairer l’action publique dans un contexte où l'adaptation au changement climatique nécessite des connaissances robustes et partagées.

 

La table ronde "La qualification des données et leurs utilisations"

Ce moment d'échange entre la salle et différents partenaires du PIREN-Seine a porté sur l’importance stratégique des données environnementales pour comprendre l’évolution des milieux, piloter les politiques de l’eau et anticiper les risques émergents. Les acteurs ont rappellé que la valeur d’une donnée dépend de son utilité opérationnelle, de son niveau de validation et de sa temporalité, tout en soulignant le risque croissant d’« infobésité ». A ce titre, les enjeux de conservation, de tri et de qualification sont donc centraux.


La question de l’accessibilité reste structurante : si les opérateurs disposent d’outils de bancarisation, de tableaux de bord et de reportings automatisés, l’ouverture des données se heurte, dans certains cas, à des contraintes de propriété, de cybersécurité et de confidentialité. Le partage est néanmoins possible, souvent sous convention, et constitue un levier majeur de progrès collectif.
 

Les intervenants ont également exprimé des attentes fortes envers la recherche : développement de modèles prédictifs, compréhension des contaminants émergents, création d’algorithmes d’alerte et d’outils de fiabilisation. Parallèlement, les données historiques des agences et opérateurs représentent un capital essentiel pour la science, tandis que les avancées scientifiques permettent d’enrichir la surveillance, le traitement et la gestion de l’eau.


Cette dynamique collaborative, fondée sur la complémentarité entre gestionnaires et chercheurs, apparaît indispensable pour renforcer la robustesse des diagnostics, préparer les transformations à venir et concilier ouverture des connaissances et protection des infrastructures critiques.