DOI
https://doi.org/10.26047/PIREN.rapp.ann.2025.vol17
Résumé
Les écosystèmes du bassin de la Seine sont exposés à divers polluants, dont les pesticides et les produits pharmaceutiques. Dans une précédente étude du PIREN-Seine, nous avions suivi la trophodynamique de ces substances et avions montré une moindre détection et une dilution des teneurs le long des réseaux trophiques. Dans ce rapport, nous présentons de nouveaux travaux sur le devenir de ces composés biologiquement actifs dans un poisson d’eau douce, le chevesne (Squalius cephalus), plus particulièrement l'organotropisme, c’est-à-dire la distribution différentielle entre organes ou tissus, ainsi que le transfert des chevesnes vers les parasites intestinaux qui sont connus pour séquestrer certains polluants. Plusieurs pesticides, antibiotiques et autres produits pharmaceutiques ont été quantifiés dans les eaux de surface, les tissus (branchies, foie, muscles) de chevesnes et leurs parasites acanthocéphales dans plusieurs sites du bassin versant de la Seine. Sur les 60 substances recherchées, nous en avons détecté 40 dans les échantillons d'eau, 28 dans les pools de parasites, 18 dans les branchies, 17 dans le foie et 8 dans les muscles de chevesnes. Un composé détecté dans l'eau est plus susceptible d’être détecté dans les tissus de chevesnes du site. Les tissus à privilégier pour l’étude de l’imprégnation des poissons sont les branchies, qui présentent une diversité forte de pesticides et de médicaments détectés, ainsi que les concentrations les plus élevées, reflétant une voie d’exposition majeure. Les parasites acanthocéphales accumulent des produits pharmaceutiques, en particulier le paracétamol, la fluoxétine et le carbendazime, à des concentrations élevées. Par ailleurs, la charge parasitaire module la distribution des polluants entre les organes et tissus des poissons, révélant la nécessité de prendre en compte ce paramètre lors des actions de surveillance des substances chimiques dans le biote.
Points clefs
- La présence en médicaments ou pesticides dans les tissus des poissons est liée à la présence de ces molécules dans l’eau, mais ces relations ne s’appliquent pas en termes de concentration ;
- Les branchies sont l’organe à privilégier pour l’étude de ces substances dans les poissons ;
- Les parasites acanthocéphales accumulent ces substances et modulent leur répartition dans les tissus des poissons hôtes.

